Dans le cadre de l'intégrale des oeuvres pour piano de Johannes Brahms qu'il a enregistrées entre 2015 et 2016, le pianiste Nima Sarkechik m'a demandé d'écrire une oeuvre en hommage au compositeur allemand. Cette pièce, Figure(s) du lointain, fait partie du cinquième disque de l'intégrale et est une commande du Triton.

               D'une figure comme celle, imposante, de Johannes Brahms, j'ai voulu retenir l'intime, le non-dit. Comment cette figure s'efface derrière celle de l'homme de tous les jours, celui qui façonne une oeuvre singulière, patiemment, à l'écoute de son moi intérieur, sondant ses profondeurs et en en extirpant une force et une maîtrise peu communes.

                De cette figure-ci, j'ai déduit quelques figures musicales simples qui fondent de bout en bout la pièce, une sorte de ciment du sonore donnant à la pièce son assise. Et, de figure en figure, se sont créées des résonnances, tout d'abord celles de la mémoire de ces figures et de leurs répétitions variées tout au long de la pièce, puis celles que laisse naître le temps entre chacune de ces figures. Comme de multiples échos renvoyés entre les temps sonnants sans événement particulier, où la résonance seule tient lieu de sonore, et le temps de ces mêmes figures transformées mais finalement toujours identiques. Des boussoles dans le flux sonore.

                Enfin, j'ai voulu retenir de la figure de Brahms son éloignement, cette notion de la perte, du silence qui se crée dans le temps, entre chaque figure parfois. Comme un aurevoir chargé du temps qui vient de s'écouler, celui du XXème siècle et du début du XXIème, qui crée une sorte de gouffre infranchissable. Pas de retour possible en arrière mais une voix qui se perd dans la nuit, pratiquement silencieuse, pour évoquer un maître passé.

 

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© Arnaud Desvignes, 2017