sub sole

(2019)

Cycle des Vanités

pour saxophone baryton et piano

durée : 10 minutes et 30 secondes

 

à Carl-Emmanuel Fisbach et Wenjiao Wang

 

 

Quid est quod fuit ? Ipsum quod futurum est.
Quid est quod factum est ? Ipsum quod faciendum est.
Nihil sub sole novum,
nec valet quisquam dicere : Ecce hoc recens est :
jam enim præcessit in sæculis quæ fuerunt ante nos.

 

Ce qui a été, c’est ce qui sera, et ce qui s’est fait,
c’est ce qui se fera ; et il n’y a rien de nouveau sous le soleil.
S’il est une chose dont on se dise : « Vois, c’est nouveau ! »,
cette chose a déjà existé dans les siècles qui
nous ont précédés.

 

L'Ecclésiaste, chapitre 1, versets 9 et 10

 

Mais inspecter l’invisible et entendre l’inouï étant autre chose que reprendre l’esprit
des choses mortes, Baudelaire est le premier voyant, roi des poètes, un vrai Dieu.
Encore a-t-il vécu dans un milieu trop artiste ; et la forme si vantée en lui est mesquine
— les inventions d’inconnu réclament des formes nouvelles.

 

Arthur Rimbaud, "Lettre du voyant" à Paul Demeny, 15 mai 1871

 

« Rien n’est vanité ; à la science, et en avant ! » crie l’Ecclésiaste moderne, c’est-à-dire Tout le monde.

 

Arthur Rimbaud, Une saison en enfer

 

Vanitas vanitatum, dixit Ecclesiastes, et omnia vanitas.

 

Vanité des vanités, dit l'Ecclesiaste, tout est vanité.

 

L'Ecclésiaste, chapitre 12, verset 8

 

Quoi ajouter aux paradoxes ? Une autre suite de sons ?  Qui se perd déjà dans la nuit ?
Peiner à dire, dans le flux quotidien. Garder sa parole au secret. Pour le peu d'une oreille.
Le dire lentement. Lentement. Contre la vitesse en violence mangeant déjà la pierre.
Poursuivre le vent, comme un cavalier les moulins. A s'en rompre le dos mais qu'importe ?
Dire tout bas le secret d'un chemin, toujours le même, pour fraîchir l'herbe au pied.

 

 

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© Arnaud Desvignes, 2019